Colloque International : « Les Femmes leaders Africaines vecteurs de l’émergence de l'Afrique »

MOT DE SON EXCELLENCE MADAME RACHEL ANNICK OGOULA AKIKO,

ép. OBIANG MEYO AMBASSADEUR, DELEGUE ET REPRESENTANT PERMANENTS

DE LA REPUBLIQUE GABONAISE AUPRES DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’EDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE (UNESCO)

ET DE L’ORGANISATION INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE (OIF)

 

PRESIDENTE DU SOUS GROUPE AFRIQUE CENTRALE

 

COLLOQUE INTERNATIONAL 

« LES FEMMES LEADERS AFRICAINES

VECTEURS DE L’EMERGENCE DE L’AFRIQUE » 

Jeudi 7 juillet 2016

 

Maison de l’UNESCO

 

Bonjour à tous et à toutes

 

Excellence Monsieur le Directeur Général Adjoint,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord d’exprimer la joie qui est la mienne de prendre part à ce colloque consacré aux femmes leaders africaines ; sujet d’importance et ce d’autant plus que je suis moi-même une femme, Ambassadeur. Je ne pouvais que souscrire à ce type d’initiative.

Je voudrais ici remercier l’Organisation des Nations Unies Pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO),et plus particulièrementM. Firmin MATOKO, Sous-Directeur Général du Département Afrique, l’Association Femmes de Demain et sa Présidente Mme Christine JOUAN BRUNEAU, ainsi que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) d’avoir organisé cette rencontre qui sera la première d’une longue série sur cette question.

Je souhaite commencer mon propos en vous faisant une brève présentation de la façon dont est abordée la problématique de l’autonomisation des femmes dans mon pays le Gabon. Cette autonomisation qui ne peut être portée que par une  éducation de qualité permettra aux femmes, alors instruites et conscientes de tout le potentiel qui est le leur et des opportunités que leur offre la société, de consolider leur statut d’agents économiques incontournables et de vecteurs de l’émergence de notre cher continent.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, l’Afrique est un vaste continent qui recèle d’innombrables richesses, au premier rang desquelles ses jeunes et ses femmes. Ces femmes qui représentent plus de 50% de la population du continent ne disposent malheureusement pas d’un accès égal à celui des hommes aux opportunités politiques, sociales mais également économiques.

L’Agenda 2063 de l'Union Africaine (UA) adopté à Addis Abeba le 31 janvier 2015 est à la fois une vision et un plan d'action pour l’Afrique. C'est un appel à l'action de tous les représentants de la société africaine à travailler ensemble pour construire une Afrique prospère et unie, fondée sur des valeurs et un destin communs.

Ainsi, depuis quelques années, certains pays réagissent devant ces inégalités. Je voudrais citer ici mon pays, le Gabon, qui est très attaché à la problématique de l’égalité des genres.

En effet, la Constitution gabonaise consacre les mêmes droits à l’homme et à la femme et, la décision de S.E.M Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat, de décréter la période 2015-2025, décennie de la Femme gabonaise, décision qui fait suite à son souhait exprimé de voir la loi attribuer 30% des mandats électifs aux femmes, s’inscrit dans l’esprit de ce texte fondamental.

Aujourd’hui, au Gabon, des femmes sont à la tête de grandes Institutions à savoir le Sénat, le Conseil Economique et Social, la Mairie de Libreville et la Cour Constitutionnelle. De même, on dénombre 11 femmes Ministres sur 40 dans le Gouvernement actuel. Dans le domaine de la diplomatie, 7 femmes sont à la tête de Missions diplomatique et consulaire.

Par ailleurs, le Gabon met un point d’honneur à participer à toutes les réunions relatives aux femmes, telles que les sessions annuelles de la Commission de la consolidation de la Femme des Nations Unies. De même, au niveau de l’OIF, le Gabon est à l’initiative d’un projet très important qui doit mener à la création d’une entité entièrement dédiée à la promotion de l'Egalité Femme-Homme, des droits et de l'autonomisation des femmes et des filles francophones.

Mesdames et Messieurs,

S’agissant des droits des filles, ils ne peuvent être établis sans instruction tant des filles elles-mêmes que du reste de la société. L’éducation constitue donc un socle fondamental dans le processus de promotion des droits des filles qui sont appelées à être les femmes de demain, espérons- le à des postes à responsabilité.

Nous, pays africains, avons le devoir de mettre un accent particulier dans nos programmes éducatifs pour que dès la plus tendre enfance ce concept d’égalité des sexes soit intégré et assimilé par toutes et par tous afin de devenir une réalité tangible et concrète.

Nous devons également encourager nos filles à s’orienter vers les filières généralement considérées comme étant destinées aux hommes telles que les filières scientifiques. De même, nos garçons doivent être étroitement associés à ce processus et édifiés sur le rôle primordial des femmes dans nos sociétés.

Ce n’est qu’en ayant conscience très tôt des opportunités et potentialités que la société leur offre que nos filles deviendront des femmes décomplexées, accomplies aussi bien dans leur vie familiale et professionnelles, et de futures femmes leaders. Cet objectif ambitieux mais réaliste peut être atteint avec le concours et l’expertise d’organisations telles que l’UNESCO ou encore l’OIF, et la bonne volonté de tous.

Mesdames et Messieurs,

Accédant moins facilement aux prêts bancaires que les hommes, les femmes peinent à financer leurs projets et cela constitue un réel frein au développement socio-économique de leur pays.

Pourtant des solutions existent, il conviendrait par exemple de développer le système du microcrédit au profit des femmes, ou encore pour celles qui travaillent procéder à des revalorisations salariales motivantes.

Ainsi c’est surtout dans l’économie informelle, avec des petits commerces d’aliments, de vêtements ou le système de tontine, qu’elles participent au développement et à l’émergence du continent. Même s’il est difficile d’obtenir des statistiques montrant l’apport effectif des femmes au Produit Intérieur Brut (PIB) de leur pays, nous pouvons affirmer qu’elles sont de plus en plus présentes dans tous les secteurs économiques. Pour preuve, la nomination d’une femme, gabonaise, au poste de directeur général adjoint de la banque BGFI, première banque d'Afrique Centrale appartenant au premier tiers des banques africaines les plus importantes.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Il convient de rappeler ici qu’il ne peut y avoir de développement ni d’émergence d’un pays sans stabilité politique. De nos jours, le rôle des femmes non seulement dans le règlement des conflits armés et les situations post-conflits n’est plus à démontrer.

L’Afrique, faut-il le rappeler, est malheureusement le théâtre de nombreux conflits armés et de ce fait, la place et le rôle de la femme africaine dans ce contexte est plus que jamais nécessaire.

D’ailleurs, la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, souligne l’importance d’une pleine participation active des femmes, dans des conditions d’égalité, à la prévention, au règlement des conflits ainsi qu’à l’édification et au maintien de la paix. La participation des femmes dans tous les domaines de la consolidation de la paix doit être accrue de manière significative.

 

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Au terme de nos échanges qui ne pourront être que fructueux, nous pourrons mieux définir les contours d’une société dans laquelle les femmes participeront activement et davantage à l’émergence et au développement de l’Afrique, et ainsi créer un cercle vertueux en investissant durablement dans ce capital inestimable qu’elles représentent aujourd'hui.

 

Je vous remercie.